Quelques mois seulement après Fukushima, deux informations montrent que l’Inde compte continuer à développer le nucléaire : la découverte en Andra Pradesh de ce qui pourrait être la plus grande mine d’uranium au monde, et les avancées du projet de la centrale la plus puissante du globe.
Mine d'uranium et centrale démesurées, coup de fouet pour le nucléaire
Quelques mois seulement après Fukushima, deux informations montrent que l’Inde compte continuer à développer le nucléaire : la découverte en Andra Pradesh de ce qui pourrait être la plus grande mine d’uranium au monde, et les avancées du projet de la centrale la plus puissante du globe.
Le département de l’énergie atomique indien a revu ses estimations sur les réserves de la mine d’uranium de Tumalapalli située dans l’état d’Andhra Pradesh. Elle contient au moins 49 000 tonnes du minerai et pourrait même arriver à 150 000 tonnes. Ce qui en ferait la plus importante réserve au monde. Cette mine seule suffirait pour alimenter en combustible une centrale de 8 GW pendant 40 ans, dans les conditions techniques actuelles.
L’Inde exploite deux mines d’uranium aujourd’hui. La troisième, Tumalapalli, dont les réserves avaient auparavant été estimées à seulement 15 000 tonnes, va commencer à être exploitée dès la fin de l’année. Une excellente nouvelle pour le gouvernement. L’Inde a en effet laissé sa stratégie pro-nucléaire inchangée après Fukushima. Mais cette option de développement à tout-va reposait jusqu’à présent sur des importations massives d’uranium.
Appel d'offre
Il faut en effet du combustible pour toutes ces centrales indiennes en développement. Notamment pour celle de Jaitapur, qui ambitionne de devenir la plus importante au monde. Nuclear Power Corporation (NPCIL), l'unique exploitant des centrales nucléaires du pays, veut agrandir cette unité existante. Elle devrait être portée à une puissance de 10 GW grâce à des nouveaux réacteurs qui seront fournis par Areva.
Selon des informations du 21 juillet, NPCIL serait en négociations avec un consortium de 12 banques européennes pour le financement des travaux. BNP Paribas, HSBC et la Société Générale font partie d’un consortium qui pourrait fournir à l’opérateur un prêt de 4 milliards d’euros garanti par la Coface … Un emprunt qui serait complété par une levée de fonds en Inde.
Le Japon, c'est loin...
L’existence de ces négociations donne confirmation que le projet continue. Les autorités indiennes comptent donc bien donner suite à leur idée de multiplier par 13 la capacité énergétique nationale. Pourtant, plusieurs ONG et une bonne partie de l’opinion s’y opposent.
Pour rassurer le public, les responsables diront que la technologie utilisée en Inde est plus récente et donc plus sûre que celle qui était installée à Fukushima, et que les probabilités de tremblement de terre et de tsunami en Inde sont très inférieures à celles du Japon…
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