Eau du robinet : la présence inquiétante d’un polluant éternel

Une enquête révèle la présence d’un polluant quasi indestructible, l’acide trifluoroacétique (TFA), dans l’eau du robinet de plusieurs communes françaises, dépassant les normes européennes envisagées pour 2026.

Par Stéphanie Haerts Modifié le 23 janvier 2025 à 18 h 47
Eau du robinet : la présence inquiétante d’un polluant éternel

Une contamination étendue à plusieurs communes

Un polluant éternel a été retrouvé dans l'eau du robinet de nombreuses villes selon une enquête réalisée par l'UFC-Que Choisir et l'ONG environnementale Générations Futures et publiée ce jeudi 23 janvier. Dans 24 des 30 communes analysées, la présence de l'acide trifluoroacétique (TFA) a été confirmée, et dans 20 d'entre elles, les concentrations dépassent la norme de 100 nanogrammes par litre prévue pour les PFAS en Europe d'ici 2026. Les résultats indiquent une diffusion large et une difficulté majeure à éliminer ce polluant de nos systèmes d'eau.

Moussac, une commune du Gard, affiche les niveaux les plus alarmants avec 13.000 nanogrammes par litre. Paris, bien que mieux situé, présente aussi une concentration élevée de 6.200 ng/l. Ces chiffres suggèrent une menace sérieuse pour la santé publique qui nécessite une attention immédiate.

Une usine à proximité

L'origine de cette contamination est en partie localisée à Salindres, près de Moussac, où une usine de Solvay a produit du TFA jusqu'à récemment. Cette proximité industrielle interroge sur les effets à long terme des activités industrielles sur la qualité de l'eau.

La difficulté de détection du TFA par les agences régionales de santé est particulièrement problématique. Ce composé résulte souvent de la dégradation de substances comme le flufénacet, un herbicide récemment classé parmi les perturbateurs endocriniens par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa).

Des risques pour la fertilité

Les "polluants éternels" comme le TFA sont presque indestructibles et s'accumulent dans l'environnement, y compris dans le corps humain. Des études préliminaires associées à ces composés suggèrent des risques pour la fertilité et une propension à favoriser certains types de cancers.

Bien que le TFA ne soit pas considéré aussi dangereux que d'autres composés similaires déjà interdits en Europe, l'incertitude demeure concernant sa toxicité complète. Les implications à long terme de sa présence dans notre eau restent mal comprises, nécessitant des recherches approfondies et des mesures de précaution.

Rédactrice dans la finance et l'économie depuis 2010. Après un Master en Journalisme, Stéphanie a travaillé pour un courtier en ligne à Londres où elle présentait un point bourse journalier sur LCI. Elle rejoint l'équipe d'Économie Matin en 2019, où elle écrit sur des sujets liés à la consommation, la finance, les technologies, l'énergie et l'éducation.

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