L’administration Trump veut étendre l’exploitation pétrolière et gazière en Alaska

Le 20 mars 2025, l’administration du président Donald Trump a annoncé une série de mesures visant à étendre l’exploitation pétrolière et gazière en Alaska. Ces projets comprennent la réouverture de 82 % de la Réserve nationale de pétrole en Alaska à la location et l’autorisation de forages dans la plaine côtière de 1,56 million d’acres du Refuge faunique national de l’Arctique (ANWR). De plus, des restrictions sur les terres le long du corridor du pipeline trans-Alaska et de l’autoroute Dalton ont été levées pour faciliter des projets tels que la route Ambler et le pipeline de gaz naturel liquéfié d’Alaska.

Par Stéphanie Haerts Modifié le 24 mars 2025 à 11 h 33
L'administration Trump veut étendre l'exploitation pétrolière et gazière en Alaska

Forages en Alaska, la résurrection du programme Arctic National Wildlife Refuge

Le décret signé par Donald Trump en janvier 2025, intitulé Unleashing Alaska’s Extraordinary Resource Potential, amorce une rupture brutale avec la politique environnementale de ses prédécesseurs. L’objectif affiché ? Exploiter jusqu’à 82 % de la réserve nationale de pétrole en Alaska, soit près de 10 000 hectares. Doug Burgum, secrétaire à l’Intérieur, a déclaré dans un communiqué partagé par Le Figaro : « Il est temps pour les États-Unis de profiter des ressources abondantes et largement inexploitées de l'Alaska afin d'assurer la prospérité du pays, y compris celle des habitants de l'Alaska ».

Ces mesures visent à stimuler la croissance économique et ont reçu le soutien de responsables républicains de l'Alaska ainsi que de certaines communautés autochtones. Cependant, elles suscitent des critiques de la part des défenseurs de l'environnement, inquiets des impacts potentiels sur la faune et le climat. L'industrie énergétique reste prudente en raison des possibles changements politiques futurs qui pourraient inverser ces politiques.

En ligne de mire : le Refuge faunique national de l’Arctique (ANWR)

Le Refuge faunique national de l’Arctique (ANWR), une aire protégée de plus de 630 000 hectares est le symbole de la lutte environnementale aux États-Unis. Le décret prévoit la relance complète de son programme d’exploitation, gelé sous Barack Obama puis annulé par Joe Biden. Désormais, l’administration Trump prévoit également de céder les terres fédérales autour des tracés énergétiques à l'État d'Alaska, neutralisant ainsi les freins réglementaires.

Officiellement, ce retour en force s’appuie sur un argument de crise : la « situation d’urgence énergétique ». Mais cette justification sonne creux face à l’évolution du marché américain. Le pays est déjà le premier producteur mondial de pétrole depuis plusieurs années, et son indépendance énergétique est assurée depuis 2019. Pourtant, Donald Trump persiste et signe. Il promet de « forer à tout-va », une promesse électorale plus qu’une nécessité économique.

Aucune offre lors de la dernière vente de baux dans l’ANWR

Aucune offre n’a été déposée lors de la dernière vente aux enchères de baux dans l’ANWR, organisée le 8 janvier par l’administration Biden, preuve de la frilosité du secteur. Les compagnies pétrolières redoutent l’instabilité politique, la pression environnementale, et surtout, le coût colossal des projets d’extraction en zone arctique, difficilement rentables face à la volatilité des cours du brut.

Parallèlement, des représentants de l'Alaska et la Alaska Gasline Development Corporation (AGDC), en partenariat avec le Glenfarne Group, prévoient de se rendre au Japon fin mars pour rechercher des investisseurs pour un projet de gaz naturel de 44 milliards de dollars. Ce projet consiste à construire un pipeline de 1 300 km pour transporter le gaz du nord de l'Alaska, le convertir en gaz naturel liquéfié (GNL) et l'exporter vers le Japon, la Corée du Sud et Taïwan. Malgré le soutien du président Trump, les entreprises énergétiques japonaises restent sceptiques quant à la faisabilité du projet en raison des coûts élevés et des défis logistiques.

Rédactrice dans la finance et l'économie depuis 2010. Après un Master en Journalisme, Stéphanie a travaillé pour un courtier en ligne à Londres où elle présentait un point bourse journalier sur LCI. Elle rejoint l'équipe d'Économie Matin en 2019, où elle écrit sur des sujets liés à la consommation, la finance, les technologies, l'énergie et l'éducation.

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